L'anniversaire du naufrage de Sean Seamour II et
l'expérience traumatique de se cramponner à un radeau de survie dans des creux
de plus de vingt mètres, persuadés qu'aucun secours n'arrivera, m'amène à
alerter tous navigateurs, plaisanciers comme professionnels, à lire et prendre
les mesures nécessaires pour éviter que ce drame se reproduise.
Votre balise SARSAT / EPIRB peut devenir le seul lien restant avec le monde extérieure,
il devient de fait un des équipements de sécurité les plus critiques. Il est impératif
de vérifier son bon enregistrement (validation du code hexadecimal), la mise à
jour des données vitales et son bon fonctionnement (l'autotest ne suffit pas!);
de telles mesures permettent d'éviter d'allonger la longue liste des
navigateurs et marins perdu en mer. Cependant, ne vous munissez pas une d‘une assurance
aveugle dans le rapport de tiers, même une station acréditée comme nous l'avions fait, la redondance est encore plus sûre. Si je
n'avais pas gardé ma vielle balise obsolète à bord je ne serai pas ici pour
raconter l'histoire des deux balises de Sean Seamour II.
La vielle balise est visible au dessus de ma tête, arrimée dans son socle et fixée
à l'intérieure du pare brise. Quand mon épouse Mayke a pris cette photo je
n'aurai jamais imaginé les circonstances dans lesquelles quatre ans et demi
plus tard elle nous sauvait la vie. Sans déclencheur hydrostatique, le pare
brise rasé et coulé par la vague scélérate...
Si nous avons plutôt tendance à l’hyperactivité ici le repos est de mise après
un passage exceptionnellement difficile de la Sardaigne au Cap Vert en novembre
2002, nous étions alors loin dans le sillage de la Route du Rhum dont la flotte
a subi une dépression entrainant l'abandon de vingt des cinquante huit
partants. Sur mon épaule notre clandestin sarde. La veille de notre départ vers
l’Amérique du Nord un Sarde sachant notre départ imminent m’interpelle du quai
pour me demander si nous voulons bien faire de ce chiot Terrier du Yorkshire un
petit américain. Mayke est affairé en fond de cale mais je sais déjà la
réponse, « Bentley » prendra la mer et je suis en départ vers le
supermarché pour acheter un mois de rations canines.

